La capitale mauritanienne, Nouakchott, a abrité, ce lundi, les travaux d’un atelier régional réunissant les États membres de la Commission de lutte contre le criquet pèlerin dans la région occidentale. Cette rencontre vise à évaluer la situation actuelle du criquet pèlerin et à anticiper l’évolution de sa propagation durant l’été 2026, ainsi qu’à élaborer un plan d’action régional couvrant la période de juillet à septembre prochain.
Cet atelier est organisé par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, en coopération avec le secrétariat exécutif de la Commission de lutte contre le criquet pèlerin dans la région occidentale (CLCPRO), avec la participation de représentants des États membres et d’experts spécialisés dans le domaine.
Dans son allocution d’ouverture, le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, M. Ahmed Salem Ould El Arbi, a souligné que cette rencontre intervient dans un contexte délicat nécessitant un renforcement de la coordination régionale, notamment après l’activité inhabituelle du criquet pèlerin au cours du premier semestre de l’année dernière dans le sud de l’Algérie, en Libye et en Tunisie, suivie d’une large propagation d’essaims et de larves dans le centre et le sud-ouest de la Mauritanie.
Il a indiqué que le Centre national de lutte contre le criquet pèlerin a mobilisé des équipes de prospection et de lutte terrestre et aérienne, avec l’appui de la CLCPRO, ce qui a permis de traiter environ 70 000 hectares afin de limiter la propagation de ce fléau.
Il a également précisé que les récents rapports techniques montrent que le criquet pèlerin redessine ses zones de propagation sous l’effet des changements climatiques rapides, en plus des difficultés de surveillance et d’intervention dans certaines zones non sécurisées, ce qui impose une approche régionale plus intégrée et anticipative.
Le secrétaire général a ajouté que l’accueil par la Mauritanie de cette réunion reflète son rôle central dans les efforts régionaux de lutte contre le criquet pèlerin, ainsi que la confiance dont elle bénéficie auprès de ses partenaires, dans le cadre de ses politiques visant à renforcer la sécurité alimentaire et à développer une agriculture durable.
Il a insisté sur le fait que la lutte contre le criquet pèlerin, en tant que ravageur transfrontalier, nécessite une coordination étroite entre les pays concernés, un échange continu d’expertise, ainsi qu’une mobilisation des ressources techniques et financières dans le cadre d’un partenariat régional durable.
Il a salué le rôle de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de la CLCPRO, réaffirmant l’engagement de la Mauritanie à renforcer la coopération avec les différents partenaires techniques et financiers pour soutenir les efforts de prévention et de lutte.
De son côté, le secrétaire exécutif de la CLCPRO, M. Mohamed Lemine Hamouni, a indiqué que cet atelier constitue une étape essentielle pour coordonner les efforts des États membres et établir un plan opérationnel efficace afin de faire face aux défis attendus durant la saison en cours.
Il a précisé que les opérations de lutte menées par l’Algérie, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie ont permis de traiter plus de 400 000 hectares.
Le programme de l’atelier a également comporté une présentation technique du responsable de l’information sur le criquet pèlerin à la FAO à Rome, Cyrille Baille, qui a exposé la situation mondiale du criquet pèlerin, ses zones actuelles de propagation, les conditions environnementales favorables à sa reproduction, ainsi que les prévisions pluviométriques dans la région du Sahel et leurs impacts sur les mouvements des essaims dans les prochains mois.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence des secrétaires généraux des ministères de l’Élevage et de l’Environnement et du Développement durable, du directeur du Centre national de lutte contre le criquet pèlerin, ainsi que de plusieurs responsables du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.